Spianato * Music is not only sound


Une oeuvre pour piano atypique

Si Jean Creusot se définit lui-même comme un "organiste-compositeur", le piano a toujours été pour lui d'une grande importance : instrument de sa propre formation, il sera aussi l'instrument de la pédagogie et de la diffusion de compositions d'une approche plus immédiate.

A ce titre, l'oeuvre pour piano de Jean Creusot tient une place particulière. Lui-même tient à préciser que même si elle représente à l'évidence une partie intime de lui-même, elle ne peut être assimilée à son oeuvre "sérieuse" et construite, qu'il a davantage réservée à l'orgue, son intrument de prédilection.

Ainsi, l'oeuvre pour piano ne s'inscrit pas d'emblée dans le mouvement musical d'après-guerre, comme en témoigne l'Impromptu, composé en 1943. Il illustre à merveille la part de romantisme qui restera toujours sous-jacente dans les compositions qui suivront.

Très rapidement, les oeuvres pédagogiques prennent toute leur place, à l'instar des Images d'Epinal. Dédiées chacune à des élèves qui furent autant de rencontres, elles offrent une découverte progressive de la technique pianistique au service d'un imaginaire très visuel.

L'art de la composition trouve sa pleine illustration dans les "33 Variations pour Katia" (clin d'oeil respectueux aux 33 Variations sur un thème de Diabelli" de Beethoven). Pièces courtes et diverses, petits poèmes musicaux où la virtuosité s'efface pour laisser s'exprimer toute une dimension poétique, elles parcourent tous les sentiments que devra retrouver l'interprète pour donner vie et cohérence à ces évocations.

La seconde partie de l'enregistrement nous mène vers des oeuvres qui se rapprochent progressivement des recherches musicales de Jean Creusot.

Ainsi, les pièces vénitiennes "Commediante" et "Piazza San Marco" encadrent avec le sourire "Trois septains" aux accents profonds. Formés chacun d'un quatrain puis d'un tercet autour du "climax", point culminant du poème, ces suites d'accords, proches de l'univers de Messiean, sont directement inspirées par les vibrations de l'orgue.

La dernière pièce "Ou bien... ou bien..." (référence à un texte de Kierkegaard) est à l'origine une oeuvre pour violoncelle et piano commandée par le violoncelliste Revaz Matchabeli. A la demande de Nicolas Marzinotto, Jean Creusot en a écrit une transcription pour piano seul et c'est cette oeuvre qui figure sur le Cd. Elle comprend deux mouvements qui peuvent être interprétés dans un ordre ou dans l'autre, chacune des deux options prenant son caractère propre.[u][b][b][b][b][/b][/b][/b][/b][/u]

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