
Vous pouvez cliquer sur les pistes ci-dessus pour en écouter un extrait...
ATTENTION : les extraits sont au format compressé MP3-192kb/s, ils ne peuvent en aucun cas être représentatifs de la qualité d'enregistrement du disque original.
Dans cet enregistrement, réalisé en conditions de direct, le Michel Tirabosco Trio nous invite à la découverte de genres musicaux différents, pourtant tous reliés par l'énergie et l'émotion qui les habitent.
Ces trois musiciens, à la virtuosité complémentaire, ont réussi le pari de transcrire pour trio des compositions écrites respectivement pour instrument seul ou pour orchestre. L'équilibre entre leurs trois partitions, la façon dont ils se répondent, reprenant alternativement la voix principale, jouant avec les thèmes, nous emmène au coeur de la musique telle que la vivent ces habitués de la scène.
Michel Tirabosco apporte de véritables lettres de noblesse à la flûte de Pan, transcendant cet instrument dans une musicalité et une virtuosité très éloignées des clichés folkloriques habituels.
Ses deux complices Franck Cottet-Dumoulin à la contrebasse et Jean-Marie Reboul au piano lui apportent un contrepoint en parfaite symbiose, parfois étonnant, mais toujours conforme à l'esprit original de ce trio improbable et des musiques interprétées.
Clin d'oeil à l'origine de la flûte de Pan (et en particulier à celle qu'utilise Michel Tirabosco, spécialement faite pour lui par M. Ion Preda), le programme du disque s'articule autour d'airs roumains ou tziganes. Que ce soit en musique écrite, comme avec les danses de Bartok, ou en improvisations sur des airs populaires traditionnels, on retrouve alors toute la vie, l'énergie et l'émotion contenue dans ce répertoire qui a traversé les siècles.
Preuve s'il en était besoin que le langage musical se joue des frontières et des époques, on va retrouver cette ferveur, mélange d'enthousiasme et de nostalgie dans les tangos de Piazzolla qui ouvrent l'album. Choisis parmi le millier de compositions de l'illustre argentin, Preparense et Lo que vendra nous font pénétrer au coeur de cette musique dont il s'est fait le spécialiste. L'émotion est encore plus présente dans Adios Nonino, écrit à la mort de son père, et dans l'extraordinaire Oblivion.
Mais le voyage se poursuit et nous revenons en France, avec Claude Bolling et Jacques Ibert. L'un comme l'autre ont refusé les cloisonnements établis. Jazzman de renom, Bolling fait se rencontrer classique et jazz dans une "crossover music" dont on est forcé de saluer la réussite, comme dans la suite pour flûte qui est restée 530 semaines dans le "Billboard" américain. Ibert apportera de son côté tout le sérieux d'un grand compositeur à une musique de divertissement de grande qualité, écrite pour le théâtre, la danse ou le cinéma.
On pourra noter que la suite pour flûte de Bolling est la seule partition écrite au départ pour flûte, piano et contrebasse...
Nos pas nous entraînent vers la musique espagnole, autre source de vitalité et d'émotion contenue, avec des compositeurs comme Isaac Albeniz ou Enrique Granados, dont les Suite ou Danses espagnoles, inspirées des traditions régionales, font merveille dans l'interprétation inspirée du Michel Tirabosco Trio.
Après un détour par le Brésil où Celso Machado nous propose les rythmes curieusement apaisants d'une salsa qui semble planer au dessus de la scène, le disque se conclut par des traditionnels tziganes et roumains.
Là peuvent se libérer toute la virtuosité et l'énergie des trois musiciens. Les premières mesures de Cintecul en particulier nous plongent dans un monde dans lequel on s'attarderait volontiers.
Un mot enfin sur les improvisations solo qui referment la page de cet album coloré : non prévues dans le programme initial du disque, elles ont été improvisées pendant les pauses lors de la séance d'enregistrement. Nous avons voulu vous faire profiter de ces moments d'intimité musicale, entretiens particuliers avec des musiciens qui entrouvrent les portes de leur jardin secret.